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  • : 05/06/2009
  • : Le blog de abdou el ancer

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Le Général DESVAUX dans la REGION D'EL ANCER ( en 1860 )

 

Le Mobacher publie la proclamation sui-
vante du général Desvaux, commandant la
division de Constantine

« Aux Kabyles,

» Lorsque de mon camp de Mila, le 23 mai,
j-3 vous ai fait connaître les intentions bien-
veillantes du gouvernement français, j'espérais
que mon langage serait compris de tous, que
la paix serait rétablie promptement, que les
hommes d'ordre et de raison s'uniraient à moi
pour ramener au devoir ceux qui aiment le dés-
ordre et en profitent,

» Il n'en a rien été; à l'exception de quel-
ques tribus qui aujourd'hui doivent se féli-
citer d'avoir eu confiance en mes promesses,
la plus grande partie des tribus s'est réunie
en assemblée solennelle à Sidi-Marouf, et a
proclamé la guerre sainte. C'étaient quelques
ambitieux qui précipitaient ainsi leurs frères
vers une ruine certaine, et la foule aveugle
écoutait avec complaisance les mensonges
qu'on lui débitait. Cependant vous savez quel
respect nous avons pour votre religion. Bientôt
on venait tirer pendant la nuit sur mon camp
de Fedj-el-Arbâ, une troupe envoyée au four-
rage étaitinquiétée.les Beni Khettab nelivraient
pas leurs otages, ne payaient pas leur3 amendes.
J'ai voulu commencer le châtiment par les Beni-
Khettab d'abord, parce qu'ils croyaient leur
pays inattaquable et ensuite parce que le signal
de la révolte était parti 'de leurs montagnes.
» J'ai donc établi mon camp Tafertas, et
pendant quinze jours j'ai châtié toutes les
fractions de cette tribu; elles savent aujour-
d'hui ce que leur a valu leur faute; toutes les
cimes ont été gravies, même les pics de Sidi-
Marouf tous les ravins ont été fouillés, les
populations ont dû se caclier pour échapper à
mes soldats; femmes, enfans ont dû abandon-
ner leur pays.

» Quand j'ai quitté Tafertas, les plus ardens
ont cru pouvoir attaquer mon arrière-garde
mes zouaves leur ont fait payer ch'ïr leur au-
dace.

» knnn, vous le savez comme moi, j'ai par-
couru à ma volonté le territoire des tribus
rebelles, y séjournant comme je l'entendais,
et rien n'a pu arrêter ma marche. Les villa-
ges de bou Temin, de Khalfa den Amirouch
les béni Ftah, les beni Aïcha, n'oublieront
pas les malheurs qu'ils ont attirés-sur leur
tête. Toutes les tribus ont été forcées de se
soumettre, de livrer des otages, de payer des
amendes, etc.

» Un horrible attentat avait eu lieu contre
la maison d'un Européen établi chez les Beni-
Meslem. Toutes les lois de l'hospitalité avaient
été violées, une bande de scélérats s'étaient
rués comme des loups furieux sur quelques
Français
qui n'avaient fait que le bien dans
le,pays. Si je n'ai pas puni tous les Beni-Mes-
lem, Oulad-Aout, Beni-Habibi, Taïlmam, Dje-
bala, Beni-bel-Aïd, c'est que des hommes
isolés de ces tribus avaient pris part à ces actes
sauvages. Ils en répondront devant la justice.
Vous devez voir par ma conduite, par le soin
que j'apporle à séparer l'innocent du coupable
quels sentimens de justice nous animent. Certes
j'aurais eu le droit de frapper ces tribus en-
tières, de m'emparer de leurs biens; personne'
ne peut dire que je n'avais pas la force
de le faire, car j'ai prouvé à tous que rien ne
peut résister au courage de nos soldats, à la
puissance de nos armes, à notre discipline
qui met toutes nos volontés dans une seule.
Mais cette fois encore j'ai voulu prouver à tous
lea gens de bien que nous sommes forts et mi-
séricordieux et que nous ne voulons que le bien
et la prospérité des tribus.
» Quelques fractions des Beni Toufout
avaient attaqué un de nos convois et la mai-
son de leur kaïd; ils avaient oublié que tous
les soldats français sont mes enfans et que
le chef indigène, représentant de la France,
doit être respecté. Nous écoutons les plaintes
de ceux qui souffrent par la faute des cheikhs
'ou des kaïds; mais nous punissons toujours
ceux qui veulent se faire justice eux-mêmes.
Aussi cette révolte ridicule des Beni-Toufout
a-t-elle été réprimée en quelques heures et
Sadok-ben-bou-Ouden et les siens amenés à mon
camp.

» Enfin les Ouled-Aouat, Ben-Meslëm ont payé
les indemnités pour M. Delacroix, les coupa-
bles vont en justice répondre de leurs crimes.
Le territoire des Oulad-ben-Ouden et du cheikh
des Oalad-ben-Ziouan est confisqué, ainsi que
celui des Arb-T.askift; ces bandits, qui comp-
taient sur leurs rochers, ont reçu là punition
de leurs brigandages. 'V
» Maintenant j'oublie toutes les fautes com-
mises, j'ai confiance dans les promesses que
vous m'avez faites, jo vous ai donné des cliefs
qui ne s'occuperont que de votre bien. Je leur
ai recommandé d'être justes pour tous, et je
vous ai donné moyen d'empêcher les injustices
en appelant les djemàa à préparer les listes
d'impôt avec les caïjs, ainsi que les princi-
pales affaires..
» Votre prospérité dépend de vous; servez
avec fidélité, livrez les malfaiteurs, les intri-
gans, à l'autorité; si vous avez à vous plain-
dre de quelques chefs, venez à l'officier fran-
çais.

» A ces conditions, je vous promets justice,
protection, bonheur et richesse. Si dans l'ave-
nir de nouvelles révoltes avaient lieu, malheur
à ceux qui prendraient les armes, car, je le pro-
mets, le pays sera confisqué, leurs armes livrées
au Beylik et ils seront dépouillés de,tous leurs
biens.

» El Araba; le 15 août 1860.

» Le général commandant la division,
» Desvaux. »

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