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  • : El Ancer.DZ العنصر جيجل
  • El Ancer.DZ  العنصر جيجل
  • : هده المدونة هي وسيلة تعريف بمنطقة العنصروقبائلها,وهي اداة تعارف و تواصل بين ابنائها القاطنين, اوالمنحدرين منها اينما وجدوا في ربوع هدا الوطن اوخارجه. Ce Blog est une fenetre sur la REGION D'EL ANCER et ses tribus,il est aussi un lien de connaissance et d'amitié entre tous les gens originaires de cette belle region.
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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 17:04

Les historiens pionniers de l’histoire orale nous ont appris depuis fort longtemps que les interviewés disent souvent moins des événements que du sens qu’ils leurs accordent[1] . Dans son dernier ouvrage, Claire Mauss-Copeaux montre toutefois les potentialités euristiques des sources orales, y compris dans la reconstruction d’un événement ayant laissé des traces écrites rares, voire opaques – un aspect parfois délaissé, par excès de « culturalisme ».

La méthode d’enquête mise au point par l’historienne dans ses précédentes recherches sur les mémoires de guerre est ici conjuguée avec une approche de microhistoire et un recours intensif à la parole des témoins [2] . Récit d’histoire « atypique » (p. 7), La Source relate un événement précis de la guerre d’indépendance algérienne : le massacre de soixante-dix-neuf personnes (hommes, femmes et enfants) à Oudjehane, village de la presqu’île de Collo, à proximité d’El Milia, commis par le 4e bataillon des chasseurs à pied (BCP) le 11 mai 1956.

Comme pour ses travaux antérieurs, l’auteure manie savamment le trait spécifique des sources orales : leur double inscription temporelle, dans le présent mais aussi dans le passé. Avec une posture qui n’est pas sans rappeler la rigueur pugnace d’un Pierre Vidal-Naquet, si Claire Mauss-Copeaux étudie la mise en récit des mémoires (le présent du passé), elle s’intéresse d’abord à l’établissement des faits. Ce 11 mai 1956, jour de l’Aïd es-Seghir qui clôture le mois de ramadan, qu’est-il donc arrivé aux gens d’Oudjehane ? Pour La Dépêche de Constantine du 12 mai il s’agit d’un « Brillant succès des forces de Pacification » : « Alors qu’elle effectuait une opération de contrôle dans une mechta du douar d’El Ancer, une section de parachutistes a été attaquée par une bande rebelle appuyée par la population. Le combat a été très violent, allant jusqu’au corps à corps. Les militaires ont eu un tué et un blessé, 79 rebelles ont été abattus. » Les « journaux des marches et des opérations » (JMO) des compagnies de l’armée française vont dans le même sens : « Fouille de la mechta Beni Oudjehane. Ambiance d’hostilité caractérisée ; des suspects traités humainement selon les lois de la guerre se sont précipités sur deux chasseurs pour s’emparer de leurs armes, soit un fusil et un fusil-mitrailleur. Le signal de la révolte a été donné par un coup de feu tiré par un rebelle qui devait blesser mortellement un de nos chasseurs, le 2e classe Garodi Roger de la 1ère compagnie. Un blessé : Gui Nicolas ». Selon ces sources – les seules sources écrites disponibles –, la dynamique des événements est vite établie : agressés, les hommes du 4e BCP ont riposté. Mais il y a au moins un point dans ce « film » qui saute immédiatement aux yeux de ceux qui ont l’habitude de parcourir ces documents : l’absence d’arme récupérée sur les « rebelles ». C’est ce qu’a remarqué aussi André, un appelé du 4e BCP, resté ce 11 mai au poste : « Les copains sont rentrés d’opération. Ils n’ont rien dit. Quand j’ai lu La Dépêche de Constantine le surlendemain, quand j’ai vu qu’aucune arme n’avait été récupérée, j’ai tout de suite pensé à un massacre » (p. 12).

Claire Mauss-Copeaux s’emploie avec succès à une analyse fine de ces textes succincts, traquant les faits rejetés hors du cadre du récit, dans le but de « relever dans l’espace du JMO le dessin des ombres qu’ils y portent et, ensuite, à partir de ce “négatif”, rétablir l’image de cet instant passé » (p. 107). Mais c’est en entrecroisant ces textes, les notes prises pendant son service par un appelé du 4e BCP avec les nombreux témoignages des vétérans français et des survivants et descendants d’Oudjehane que l’auteure réussit à activer un véritable « effet Rashomon », où l’enchaînement des récits différents – voire divergents – produit un réel apport de connaissance historique sur l’événement [3] . Savamment maitrisée, par un art du montage sensible et intelligent, cette manière de procéder se révèle une démarche efficace pour déjouer le silence et l’opacité des archives. En ouvrant ainsi la porte de son atelier, Claire Mauss-Copeaux nous offre aussi un exemple précieux de modestie quant aux prétentions de l’entreprise historienne (le mirage de « tout savoir »). Car la question de la chronologie reste en fait sans réponse : on ne saura probablement jamais si le coup de feu qui a tué le soldat français (vraisemblablement un accident) a précédé ou plutôt suivi le massacre. C’est par contre en élargissant la focale de son analyse que l’auteure arrive à inscrire le massacre d’Oudjehane dans une série de six massacres accomplis par le 4e BCP au cours de l’année 1956. Apparaît ainsi la rationalité sous-jacente à ces massacres, qui « n’étaient pas des accidents mais des “opérations” extrêmes, intégrées dans le système répressif mis en place par les autorités militaires et couvertes par les autorités politiques » (p. 158).

Mais la réussite de ce livre n’est pas seulement dans la reconstruction minutieuse d’un épisode ponctuel de représailles qui nous éclaire sur le plus vaste mécanisme de la répression menée par l’armée française en Algérie et sur les formes de violence (notamment envers les femmes) déployées au quotidien par un dispositif de « guerre contre-subversive ». Ce livre est aussi une étude originelle des mémoires du massacre, celles des gens d’Oudjehane qui l’ont subi et celles des vétérans français.

Tout commence en 2010, quand Nour, né dans la mechta limitrophe d’Oudjehane, et André, un vétéran du 4e BCP que l’auteure avait déjà interviewé pour ses travaux antérieurs, se « rencontrent » sur la toile, où chacun tient son site Internet portant sur l’histoire de la région d’El Ancer pour le premier, sur son expérience d’appelé en Algérie pour le second [4] . C’est que Nour et André « ont décidé chacun de leur [son] côté d’assumer l’héritage et de faire des recherches à propos de ce massacre oublié ». L’historienne va alors les rejoindre : par ce « trio de fortune », écrit-elle, « je suis entrée à mon tour dans l’histoire d’Oudjehane » (p. 7). Cette rencontre entre acteurs, demande sociale de connaissance et recherche historique figure, précisément datée, en ouverture du livre, qui relève donc aussi d’une démarche d’histoire du temps présent [5] . Si l’ouvrage est largement basé sur la parole des uns et des autres, celle-ci est en fait prise en compte en tant qu’« événement historique » [6] . Telle une mise à jour de sa thèse sur « la parole confisquée » du contingent (où l’enquête s’arrêtait en 1992) [7] , Claire Mauss-Copeaux prend ici en compte le changement des cadres sociaux de la mémoire qui ont produit au début des années 2000 une véritable « prise de parole » des vétérans. Ce changement est le résultat du concours de plusieurs facteurs : ouvertures des archives du service historique de la Défense (1992), nouvelle génération de chercheurs nés après le conflit, reconnaissance officielle que la France avait mené une « guerre » et non des « opérations de maintien de l’ordre » en Algérie (1999), « nouveau » débat sur la torture (2000-2001) [8] ...

Rentré d’Algérie, André avait décidé de se taire. « Mais quand j’ai pris ma retraite d’enseignant – raconte-t-il – je me suis replongé dans ce passé, mon passé. J’ai relu le carnet où j’avais noté les événements de mon service militaire et les textes de témoignages, écrits peu après mon retour en France. À la mort de mes parents, j’ai récupéré les lettres que je leur avais envoyées. Peu après l’ouverture des archives militaires en 1992, je me suis rendu à Vincennes pour consulter les JMO de mon bataillon et de ma compagnie. J’ai entrepris alors d’écrire un mémoire » (p. 24). Sursitaire puis enseignant, le cas d’André est sans doute particulier. Pourtant, l’âge de la retraite venue beaucoup des vétérans ont été contactés pour rejoindre l’Amicale des anciens du bataillon. « Les réunions de l’Amicale, ça fait une sortie », dit Alain, agriculteur à la retraite (p. 86). Là encore Internet a joué un rôle essentiel – autant que pour Nour et André – et Claire Mauss-Copeaux nous indique en pionnière la richesse d’un terrain de recherche que les historiens du temps présent ne peuvent plus ignorer [9] . Les vétérans se retrouvent sur la toile, ouvrent des blogs, passent des heures à évoquer la guerre sur Skype, s’envoient diapositives ou photos scannées, mémoires écrites, voire des diaporamas avec bande son, source précieuse pour une histoire des mémoires de guerre. Souvent plus jeunes que leurs maris, les femmes des vétérans sont également présentes : la mémoire des vétérans fonctionne désormais avec elles.

Grâce à sa capacité d’écoute, Claire Mauss-Copeaux nous fait entendre les récits éclatés de ces anciens combattants pris entre le désir de se libérer du poids du passé et l’ordre du discours de cette « grande famille » qu’est l’Amicale, « qui tient à conserver ses secrets et à donner une belle image des chasseurs du 4e BCP » (p. 83). « Pourtant, en parlant, le témoin se libère – note l’historienne. Il brise le huis clos où, interminablement, se rejoue la même scène. Soutenu par l’attention de son interlocuteur, il peut avancer dans son récit, avancer dans le temps et s’éloigner enfin du lieu où le bourreau écrase la victime » (p. 35).

En Algérie, l’approche microhistorique par laquelle l’auteure s’emploie à inscrire la mémoire dans son espace référentiel (mechta par mechta, famille par famille), laisse apparaître des récits fort éloignés du discours officiel de l’État-FLN [10] . Mais surtout elle met en relief la différence entre les mémoires des vétérans français et celles des villageois d’Oudjehane. Si les uns s’accrochent majoritairement « comme des noyés à la planche » à une posture de « faux amnésiques », les survivants du village « se souviennent du 11 mai 1956 et tiennent à s’en souvenir » (p. 211). Leur mémoire est « vivante », écrit Claire Mauss-Copeaux, alors que celle des vétérans est souvent « morte », fossilisée dans les rituels des rencontres de l’Amicale. Par des entretiens d’une grande richesse émotionnelle devient ainsi audible un autre récit des événements : Doukha et Aziza, restées seules avec l’historienne, vont finalement livrer leur histoire. Celle des violences endurées mais aussi celle de leur naissance à la politique. C’est à elles, « aux gens d’Oudjehane » que ce livre est dédié.

Notes :

[1] Cf. par exemple Alessandro Portelli, « What Makes Oral History Different », dans Robert Perks and Alistair Thomson (eds.), The Oral History Reader, 2nd ed., London-New York, Routledge 2006 (1979), p. 36.

[2] Voir Claire Mauss-Copeaux, Appelés en Algérie. La parole confisquée, Paris, Hachette, 1998 ; Ead. et Étienne Copeaux, Taksim ! Chypre divisée, 1964-2005, Lyon, Ædelsa, 2005 ; Ead., Algérie, 20 août 1955. Insurrection, répression, massacres, Paris, Payot, 2011 (pour un compte rendu de ce dernier :http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=1&rub=comptes-rendus&item=318).

[3] Rashmon est un film d’Akira Kurosawa (1950) dans lequel un même événement est raconté par quatre témoins différents. Cf. Donald A. Ritchie,Doing Oral History. A Practical Guide, Oxford - New York, Oxford University Press, 2003, p. 33.

[4] Cf. http://elancer.dz.over-blog.com/la-sortie-du-livre-la-source-memoires-d-un-massacre-oudjehane-11-mai-1956; et http://maguerredalgerie.pagesperso-orange.fr/ (consultés le 31 mai 2014).

[5] Cf. Henry Rousso, « Histoire du temps présent », dans Sylvie Mesure et Patrick Savidan (dir.), Le dictionnaire des sciences humaines, Paris, PUF, 2006, p. 555-558.

[6] Arlette Farge, Quel bruit ferons-nous ?, Paris, Les Prairies ordinaires, 2005, p. 86. « L’écoute d’un témoignage – écrit Farge – est comparable à la lecture des archives, il faut faire l’effort d’en saisir le sens historique et de l’intégrer à la collectivité dont il est issu » (ibid., p. 170).

[7] Cf. Claire Mauss-Copeaux, Appelés en Algérie. La parole confisquée…,op. cit.

Andrea Brazzoduro

http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=23&rub=comptes-rendus&item=495

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commentaires

trafic organique 09/10/2014 23:13

Je vous encourage à écrire d'avantage ! Merci pour cet article , je partage et recommande !
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